VICTOR HUGO


* * *

Rytoj, kai švis, kai sodžius baltai prasiskleis,
Metas bus eit. Juk žinau, kaip tavo laukiamas aš.
Per girią kelias eis, per kaimą kelias eis,
Aš negaliu pasilikt ilgiau taip toli nuo tavęs.

Žengsiu aklai, įsižiūrėjęs į sunkias
Godas, nelyg neregys, negirdėsiu nieko išvis.
Vienas, priklydęs, kryžium liūdnas sunėręs rankas,
Vis kupryn, diena man naktis jau bus ir neprašvis.

Akys nepamatys, kaip vakaras auksą krės
Nei kaip Harfliorą rūkai į drobulę susiaus,
Atėjęs padėsiu ant kapo kauprės
Aš bugienių žalių ir viržių puokštę tau.

1843, rugsėjo 3

Iš prancūzų kalbos vertė VLADAS BRAZIŪNAS

Hugo Victor. „Rytoj, kai švis, kai sodžius baltai prasiskleis…” / Iš prancūzų k. vertė Vladas Braziūnas // Literatūra ir menas. - 2001. - Lapkr. 2. - P.1. - Iliustr.: V.Petravičius. „Ruduo”. 1961.


DEMAIN, DÈS L’AUBE…

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par le forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai, les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur ,
Et, quand j’arriverai, je mettrai sur la tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

3 septembre 1847.
[Ms. : 4 octobre 1847.]



Harfleur est à 3 km du Havre. Les bateaux descendent le sours de la Seine.
Le cimetière, bâti sur une colline boisée, domine l’estuaire de la Seine.

Léopoldine est morte le 4 septembre 1843; elle s’était noyée accidentellement avec son mari au cours d’une promenade en barque sur la Seine, à la hauteur de Villequier, village voison de Caudebec, en Normandie. C’est pour le premier anniversaire de cette mort que son père écrira l’essentiel de „A Villequier” (voir page 134). Pour servir de prélude à ce long poème, il place ici cette annonce d’un pèlerinage sur sa tombe, en datant ce poème du 3 septembre 1847 (le manuscript porte : 4 octobre) et „A Villequier”, du 4 septembre 1847. Hugo, grand marcheur, fera les 35 km qui séparent le Havre (où habit Auguste Vacquerie, le père de Charles) du simetière de Villequier, où il arrivera au crépuscule.

Victor Hugo Choix de poésies par Bernard Blanc. - Paris: Librairie Larousse, 1975. - P.133.