| VLADAS BRAZIŪNAS Vladas Braziūnas est né le 17 février 1952 à Pasvalys au nord de la Lituanie. 1958–1969 fait ses études secondaires à sa ville natale. 1969–1975 fait ses études supérieures (journalistiques et philologiques) à l’Université de Vilnius. 1983 – La Maison d’édition Vaga publie son
premier recueil de poèmes Slenka žaibas (L’éclair
bouge). Les titres d’autres recueils de poèmes: Voro
stulpas (La colonne d’araignée, 1986); Suopiai
gręžia dangų (Les buses percent le ciel, 1988); Užkalbėti
juodą sraują (Conjurer un jet noir, 1989); Išeinančios
pušys (Les pins sortants, 1992); Alkanoji linksniuotė
(Une déclinaison affamée, 1993); Užkalinėti (Clouer,
1998); Ant balto dugno (Sur le fond blanc, 1999); lėmeilėmeilėmeilė
(le
mot lėmei – tu prédestinais, le mot meilė –
l’amour,
2002). 2003 – Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien
par Genovaitė Dručkutė; Mise en page Sigutė Chlebinskaitė. – Vilnius:
Petro ofsetas, 2003. Il a
traduit la poèsie en lituanien de français,
allemand, biélorusse, croate, géorgien,
latgalien, letton, polonais,
russe,
serbe, ukrainien.
Ses poèmes sont publies en français, anglais, biélorusse, bulgare, géorgien, croate, latgalien, letton, polonais, roumain (et moldave), russe, slovaque, ukrainien.
Ses poemes et
traductions sont publies presque dans tous les journaux et revues
littéraires lituanienes. Vladas Braziūnas habite Vilnius. Traduit du lituanien par GENOVAITĖ DRUČKUTĖ le monde remis à neuf (pasaulė tampa atnaujinta, critique) une vache bleue traverse la mer quatre cornes, larges la lune du soir cause avec Georges et bien, t’es fatigué où est ton dragon? La mère des mers chante comme une abeille qui bourdonne, coeur paisible la vache bleue donnera un seau de lait t’en as marre du fromage, prends du miel des fleurs du feu vert dans la cheminée du grenier à foin chez la Brunon – la trotte de la mère-grand pas encore une marque, mais le monde marche plus vite d’un pas de moineau l’oeil vigilant à travers champs, sous le regard du grand-père l’oreille tendue à travers forêt, sous ses refrains peureux il n’y avait pas, il n’y aura plus que blanc et noir il y aura du bigarré, aussi du brun et du vert, et du bleu Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 15. Velki Frantiskani (Velki Frantiskani, critique) et pigeons avec palombes, et blanches colombes se serrent sous un ciel étranger, merles noires volettent dans un vieux parc volette, en pleurs, et pourquoi? l’ami des parias et des pies – et toi, tu volettes avec eux au château étranger hébergé, tu frémis comme le violon du Tzigan les Macédoniens portent victoire, le Bulgare trinque: Santé de petits violons vont plus vite, les yeux courent dans la ta- verne, de la borovitzka coup sur coup: à la tienne, nuit Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 33. imparfait (imparfait) le passé imperfectif, en passant par quatre chemins dans quatre directions, sans haleine et sans abri descendra et montera, il décevra l’accusé, ce brûlera les ailes, battra d’une aile et s’en ira par pentes à pic profondes le tonnerre gronde et gronde, en grinçant les dents il se souvient des mots doux qu’on lui adressait, oui les nuits claires, immaculées, de tout ce qui resplendit, scintille, s’agite, s’évanouira bientôt Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 31. un vagon ivre. Bratislava–Vilnius (girtas vagonas. Bratislava–Vilnius, critique) quand je passais par les chemins de fer, malheureux et brûlants sans toi, penchée sur mon épaule, dans un pays qui n’est pas le mien touche les montagnes, les cols, l’odeur de sueur la feuille humide de tilleul, passe-la dans une anse sans oeil quel bâteau ivre rimbaude, là-bas, sur des pierres feuillu, les pans flottants au vent d’une veste usée? te rappelles-tu cet infirme boiteux, ivre aussi, l’albatros? avide de l’Europe, l’Ouest perce un chemin vers l’Est et l’ouest guette ici dans les jeunes bois des cols des coquelicots aveuglent, à côté des rails l’argile bleue, la lune chancelle, s’accroche au bout d’un nuage ou d’une planète, ou de l’internet comme tu as dit, j’ai mangé, la viande de porc succulente nous l’avons arrosée après, mon Dieu, à sa santé! dans les salles et près du feu nous nous reposions et nous nous partagions le saucisson nous visitions châteaux, prisons et cabinets messieurs à droite nous chancelions et nous nous relevions du vin et de la foi les milles ferrés-il n’y en a plus, emportés par le vent en vapeurs et en lumignons, en fiancées vieillies en photos tirées perfidement, en distances de – à c’etait, c’est inventé… la petit-fille sur son pot, tu vois? tu entends, comme elle rit dans le rêve? tu vois que ses yeux sont verts? je t’aime comme mes yeux faibles, faiblissants il me manque ton souffle comme tu manques du mien Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 35. * * * („pasaulis sėdi priešais mane...”, critique) le monde est assis devant mois et m’intimide VB> Chérie, fais encore une copie VB> Chérie, fais encore une copie VB> Chérie, fais encore une copie VB> Chérie, fais encore une copie de notre ciel gris clair la lune folle de la lampe à travers un vieux tilleul coupé éclaire ton visage blanc les lèvres entrouvertes humides en vérité je devrais dire la monde Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 25. la lumière aux gros yeux ronds (šviesos išsprogusi akis) les fleurs et les repentire – dans le séjour la première génération après Grunwald nobles, majors – une masse, une foule où chercher autant de pain le feu a vieilli durant l’hiver les eaux ont vieilli durant l’hiver le pain de tous nos quotidiens tout rassis, durci, apeuré le foin sous la nappe blanche le poignet d’un chevalier de Vytautas gouverneras-tu? ou diviseras-tu seulement? te tairas-tu? n’importe, tu te repentiras la voix pâlit – des neiges des os poreux, de vieilles forêts d’or et d’argent – le feu couve-t-il sans cendre la nuit sera bénie par une aube dense la lumière sera bénie par le noir – silence la tête coupée de l’agneau bêle sans voix – le sang du cou coupé Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 13. vent blessé (sužeistas vėjas) étendue nue des champs grand espace aux vents échos des vents dans un puits et les jours plus longs terre comme la peau dure tendue, de rudes crêtes pendent le soir, paisibles coup de fusil jadis Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 21. * * * („tylos žvėris, apuostantis tave…”, critique) bête silencieuse qui te flaire sauvage, inconnaissable indomptable dure mais non une roche beugle mais non un boeuf bonne mais non une mère automne de mon coeur Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 27. agneaux blancs, agnelets seraient à la nôtre (balti avinėliai, o mūsiškai būtų – gėreliai, critique) boules de vapeur et agnelets laineux des nuages gracieux dans un boqueteau bleu blanc je rêve ou je reste toujours cet enfant qui se cramponne à la laine blanche du ciel à sa vie innocente, une fois il se noiera dans la blancheur Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 23. Panis Angelicus (Panis Angelicus, critique) dans cette vie venu, moi chaque matin j’allume son feu chaque matin son regard candide je le sens, dis, regarderons-nous ainsi aux yeux de qui? et que fait-on le vent à travers les branches chasse le soleil les aubes plus rares – plus fréquents les couchers vers cette colline, ou gentiment on sera couché prends racine, ô feu, dépasse la cendre: voici petite étoile – cailloux sur le chemin – dans le coeur – en haut Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 7. * * * („šviesi naktis, šilta ir švelni tarytum vidinė tavo šlaunų…”, critique) une nuit claire, chaude et douce comme la face interne de tes cuisses, ce matin-là tu dormiras tard, le jour tu te réveilleras, la nuit tu seras à moitié avec moi, somnolente, derrière les fenêtres le vent balaiera la neige, toujours, toujours, une ava- lanche, derrière les fenêtres les paumes gelées par la gelée touchent la peau blanche des pommiers, le jardin s’étend presque nu à travers une large étendue à perte de vue, lourdes et lentes, les mères mortes étendent les draps de lit battus à blanc, leurs robes à fleurs qui reviennent rarement en rêve, froufroutent ô douce, ma douce, tu m’offres à moi, faible et vide Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 29.
il est permis de lire → ou ↓ Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 18-19. les rivières coupées (perkastos upės, critique) tu invoquais les noms des rivières, la jonction rompue du passé-présent des hameaux décrépits pas un seul objet de valeur, ici sauf les cimetières des nomades, avide la poussière des moisissures aux yeux vifs rongés, durant l’été se moucher morveux les narines pleines du pollen d’absinthe, le Chinois Li Li redemande du riz, tu rentres enroué d’une fête de poésie, il n’ y a pas de fêtes de poésie, il n’ y a rien, sauf le corps et la mort, une hâche et la forêt séparées il pleuvait des noms des rivières perdues, quand tu écrivais avec des braises sur le ciel, tu priais non une ligne tu étais – un point coulant Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 9. silence des gonds (tylintys vyriai, critique) je n’entendais que des sons bas et hauts le coeur palpitant, un nerf piaulant j’étais enfermé dans une cage virtuelle elle sera ornée de soie et envoyée à l’aube à la porte close, aux gonds guettants un couteau de cuisine coupera la soie on le lavera de pleurs, encore vivant, palpitant, on le coupera et fera sécher sur des cordes pourrissantes il ne fera que frémir au vent, geler du froid il se vaporisera et tombera en cristaux lunaires sur un ciment gris où des souris se démènent autour, tout autour, leurs trous cimentés tourterelles picorent, miettes empoisonnées et crèvent à un pas de la porte close Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 11. * * * („tik šaiposi fleitos…”) à Saulė les flûtes qui plaisantent: une vie de la mort qui écrit les tambours qui condamnent une chambre vide sans fond …en passant devant l’église centre de chirurgie du coeur un champs à gauche une ligne haute tension Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 37. * * * („Vilniuje naktį sniegas…”, critique) à Vilnius, la neige, la nuit des égarements de l’été excusez-nous, du beau sourire, des bouts de doigts loin des lèvres, du jour éteint sur l’oreiller des agrostis sont tes cils un ruisseau est ta tempe la tristesse descend et bat la mémoire de ce qui n’a pas été sur les traces du non-venu un mince sillon de neige Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 39. feu corrosif (korozinė ugnis) nous buvotions une biere épaisse faite de l’argile ancestrale le va-et-vient de la cruche la voix s’élevant jusqu’au toit la chanson sonne non la nôtre les hanches roulent non les tiens la fleur bleue de lupin loin à l’orée du bois le jour naissait et le vent sur le lac des moines nous ne bougions pas, nuos ne voulions rien à travers les larmes Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 41. * * * („o, mūsų meilės naktys, žodžių prãdžios…”, critique) oh, les nuits de nos amours, débuts des mots nommer les mots comme dans le chêne les dieuxs regarder le ciel à travers l’éclair à peine entrouvert, qu’ils sont larges les fronts, les yeux de là-bas, que voient-ils et qu’en pensent-ils, de nous deux que leur importent les nuits de nos amours que leur inporte mon bon bec une flèche d’éclair va claquer les noms du ciel ceux, nommés, auront-ils le temps de revenir reconnaîtra-t-on leur nature le matin sous le chant des rossignols le destin des dieux – cet involontaire exil où le vin de folie est si bon Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 43. * * * („ką veikia siela, kai rankos…”, critique) que fait l’âme quand les mains vers la pomme d’adam se tendent quand les pieds avancent à peine évitant déjà lointains et distances que fait l’âme quand le corps défend son impasse quand les mailles filés de bas derrière une meule de pierre se cachent que fait l’âme quand le soir chaud sur les genoux ronronne l’oeil de Dieux la toile d’araignée le tourbillon de poussière vascille que fait l’âme quand les points deux à l’endroit, quatre à l’envers l’âme endormie par le soir ou éveillée, sans pleurs Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 45. j’ai fêté le Nouvel An... (aš sutikau Naujus metus...) ce matin-là – chant du cercle serein fin du monde chante ta fin vie coule toujours dans tes veines sans peut-être jamais s’arrêter devant une limite probable, il est clair que de nouveau rien n’est clair, alors tu écriras des cartes, tu te réveilleras peureux, le matin, tu essaieras de marcher en rond, en rond, cercle soutient encore par habitude, hors du cercle – fini le temps Braziūnas, Vladas. Būtasis nebaigtinis = Imparfait / Traduit du lituanien par Genovaitė Dručkutė. - Vilnius: Petro ofsetas, 2003. - P. 47. fontaine (fontanas) il y avait Georges le patron à la cuirasse peau de dragon vieux sont les ventres des cygnes peints en vert sur la fontaine le jet d'eau était bleu Londinium, Londres, tripots le Juif errant, sauvage pour un rien, aucun dommage il y avait un marbre verdâtre monnaies d'airain ternes bleuâtres à la queue-serpent un griffon serpentant sur tout le blason de quoi est-il malade, le griffon la Grande puanteur se levant sénats et conseils étouffent Ormes cristallins se fanent les enclaves d'art, salles encloses images de terres vagues et rases dessine-moi une fontaine, Dilani le jeu des morts avec les dieux danse de paon (povo šokis) Bernard Shaw la barbe rouge et un chien galeux sans nom à poil dur, venant des cahutes n'a pas pitié de ce tableau le paon danse, personne ne voit le jet d'eau à langue pointue scintille au soleil, le chien au pelage hérissé, tout honteux feu, la tour vole en haut qui la vénére, par quels mots la loco coupe une rase campagne va bientôt monter une montagne le paon danse dans la cour sa queue large d'aurore le paon danse, boivent les convives et les cosaques de Kandinski les barbes rouges et leurs parisiennes une pierre de sang noir coulant (juodo tekančio kraujo akmuo) blanche étreinte de la nuit noir baiser du jour reniement troisième de celui qui n'était qu'une pierre soupe aux pois de ma mère-grand épaisse comme la brume de Londres jusqu'à l'an cinquante-six où le charbon est fini rien que la Grande Puanteur ça se vaut, pleins d'odeurs les paniers du potager du couvent des bénédictines que se fanent fleurs et feuilles des carottes et des femmes se cristallisent en pierres précieuses dans la mémoire ou dans la bile Vermont : une gorgée verte (Vermont: žalias gurkšnis) Je voudrais un verre de vin. Marguerite Duras il se cure les dents dans la porte il observe la danse du ventre des Arabes grasses aux seins pendants lui-même après le soir passé tremblant un verre de vin du matin et les doigts cessent de trembler et la voix creuse, enrouée de guéir, de se désserer la voix en toute liberté s’enfuit aux petits pas de danseuse et un jeune chien grisâtre joue avec un bout de chair rouge différence de temps (laiko skirtumas) le Livre ouvert par Satan à Erasmus réussie la pauvre chassea à la licorne pleurs des petits enfants, à genoux perdue dans les cieux la Vierge à la couronne assis sur le Mont des myrtilles, j’ai péché par la parole, le chant et le Dieu caché le mont bleu à travers la brunne bleue bercement doux, quel sommeil, que diable la géographie secrète a changé le temps plus d’entrée dans ton rêve depuis longtemps je me cogue aux seuils, portes, grilles confessionnaux, théâtre – qui dévore? qui pille? qui le matin dans le ciel fait monter le larron où sont les celtes, les francs, les brettons, les lettons que diantre je grifonne ici, dis-moi ressuscite-moi, replace-moi dans le rêve; ou tue-moi jour comme un cadeau (diena dovana) le matin comme chaque matin mais il n’y aura plus de jour à travers les feuilles d’antan une caprice méchamment brille de la rosée sur les feuilles jalouses les étoiles du matin quand là-haut, si loin s’y font et scintillent quand elles tombent en pleine mer cosmiques, sur les pierres les maux esprits, que marmonnent-ils? les bons esprits, que prédisent-ils? Traduit du lituanien par Jasmine Jacq Pronoms personnels (Iš ciklo Asmeniniai įvardžiai) Moi (Aš) Chacun peut dire Je, Moi, et il aura raison. Moi, un tel et un tel, Je promets. J'aime. Je suis trompé. De ce que j'ai dit, de ce que j'ai ressenti, de ce que j'ai menti – pour une seule chose je n'ai pas menti: moi c'est Moi. Infini monosyllabique, sursaut dans la nuit, spectral – il me manque pour ressentir moi, pour ressentir la plénitude. Mais que me manque-t-il? Ainsi je n'aurais jamais raison: moi c'est Moi, pas toi, même quand rêvant de moi volé, maintenant, tressaillant d'une poitrine ardente, les lêvres frémissantes, tu l'as dit extenuée, tu m'as laissé. Moi peut être? Et toi? Ou tout le mond autre? |
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